FORMATION ET INFLUENCE : entre art, science et perception

Formée aux Beaux-Arts de Nîmes, à l'École Européenne Supérieure de l'Image (EESI) de Poitiers, à l'UQAM de Montréal et à l'ENSA de Bourges, Mel Lesbats a construit son langage plastique à travers une exploration des matériaux fluides (eau, huile, pigments, sirops) et de leurs comportements physiques. Son enfance passée dans un restaurant familial a profondément marqué sa démarche : les gestes culinaires – doser, mélanger, faire monter, sceller – deviennent des métaphores de la création artistique, où la matière se transforme sous l'effet du temps et de l'attention.

Son travail puise également dans les sciences des matériaux et la mécanique des fluides, avec lesquels elle collabore pour observer les phénomènes d'évolution des liquides. Cette approche hybride, entre art et science, lui permet de questionner la perception des formes et la manière dont elles émergent, se déploient ou s'effacent. Comme Eliasson, elle cherche à réveiller une conscience sensorielle chez le spectateur, tandis que, comme Janssens, elle explore les effets de la lumière et de la couleur sur notre perception de l'espace et de la matière.

RÉFÉRENCES ARTISTIQUES

Olafur Eliasson

L'œuvre d'Eliasson construit des dispositifs dans lesquels le visiteur fait l'expérience de sa propre perception. La lumière, l'eau, la brume ne sont pas des sujets représentés mais des conditions d'expérience. Ce qui est en jeu, c'est toujours la relation entre le corps, l'espace et le phénomène physique. Mailler, exister partage cette conviction : l'œuvre n'est pas un objet à contempler mais un système à habiter.

Ann Veronica Janssens

Janssens travaille l'immatériel — brouillard coloré, lumière diffuse, désorientation sensorielle — pour produire des états de conscience altérés. Ses œuvres ne donnent rien à voir au sens classique : elles dissolvent les repères, elles obligent le corps à recalibrer sa perception. Anndan, quatrième temps de l'exposition, dialogue directement avec cette approche : passer le voile translucide, c'est entrer dans un autre régime sensoriel.

Eva Hesse

Hesse introduit dans la sculpture des matériaux organiques, instables, condamnés à se transformer — latex, résine, fibre de verre. Elle fait du processus le sujet de l'œuvre, de la fragilité, une affirmation. Les sculptures de Mel Lesbats partagent cette pensée : elles ne cherchent pas la durée, elles acceptent la transformation, elles respectent sans promettre de tenir longtemps.

Piero Manzoni — Merda d'artiste

Manzoni radicalise la question du geste artistique : la recette, le protocole, la transformation d'une substance ordinaire en œuvre, le refus de séparer le corps de la production artistique. Les vidéos en gros plan de Mel Lesbats — mélanges, réactions, transformations lentes de matières — prolongent cette pensée. La recette n'est pas un mode d'emploi : c'est un acte plastique. Ce qui se prépare n'est pas destiné à être consommé. Et la vinaigrette de sa mère, point de départ de la fontaine à émulsion, est précisément cela : un geste culinaire devenu geste artistique par le regard qui le traverse.

apparition2

Selected Works

Pahoehoephotographie
Apparitioninstallation artistique
Tension superficielleinstallation artistique
Maillageinstallation artistique